Les Rideaux Blancs

blog littéraire

lundi 23 avril 2007

Ne pas énerver sa voisine

du_meme_auteurJoss Meredith est un écrivain dont le dernier opus marche plutôt bien. Flanqué d'un passé de malfrat, il essaie de se tenir à l'écart des embêtements. Jusqu'au jour où sa voisine, complètement abrutie par la drogue, fait irruption dans son appartement et lui colle une balle dans le genou en criant vengeance. S'ensuit une drôle d'histoire assez dingue où l'écrivain s'enfonce de plus en plus sans y comprendre grand-chose. Dans le genre petit roman noir, un livre divertissant qui se lit d'une seule traite, entre humour et loufoquerie, avec un style parlé très approprié.


Du même auteur, Nan Aurousseau, Stock, 2007
A lire également :
Bleu de chauffe, Nan Aurousseau, Stock, 2005, Livre de Poche, 2007

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vendredi 20 avril 2007

La voleuse de livres

la_voleuse_de_livresSi on vous demande de vous taire, c’est parce que c’est la Mort qui a une histoire à vous raconter. C’est effrayant. C’est très curieux. La Mort raconte une histoire un peu étrange. C’est l’histoire de Liesel Meminger : Liesel est une petite fille qui vit à l’époque de l’Allemagne Nazie. C’est une petite fille très spéciale : c’est une voleuse de livres. Elle prend cette habitude très particulière bien avant de savoir lire. La première fois qu’elle vole un livre, cela se passe dans un cimetière, sous la neige. Elle vole le Manuel du Fossoyeur, et elle ne sait même pas encore son alphabet. Liesel va voler des livres dans tous les moments importants de sa vie. Elle va tomber amoureuse des mots, et elle va aussi les détester parfois. La Mort raconte l’histoire de Liesel, l’histoire de son enfance, de ses voisins et de ses matchs de foot avec son copain Rudy. La Mort donne quelques informations sur sa famille adoptive ; Hans Hubermann, fumeur invétéré, accordéoniste et fainéant selon les dires de son épouse ; Rosa Hubermann, la cuisinière la plus mauvaise de toute l’Allemagne, qui a l’art d’agacer furieusement la plupart des gens qu’elle rencontre. Liesel va grandir rue Himmel, dans cet entourage peu orthodoxe ; elle va devenir la voleuse de livres la plus adroite que la Mort ait jamais connue.

Ce roman est surprenant : Marcus Zuzak adopte un point de vue peu ordinaire pour parler de la montée du nazisme en Allemagne et de ses conséquences. Il utilise des jeux typographiques, des personnages humoristiques et beaucoup de poésie pour nous faire adopter la petite Liesel et son histoire pleine de rebondissements.


La voleuse de livres, Marcus Zusak, Oh! Editions, 2007
La voleuse de livres, Marcus Zusak, Pocket Jeunesse, 2007 (version enfant)

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lundi 16 avril 2007

Nota bene : ne pas oublier de VOTER

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mardi 20 mars 2007

L.A.L. du mardi

transgressionSang impur / Hugo Hamilton

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur / Harper Lee

L'ombre du vent / Carlos Ruiz Zafon

Microfictions / Régis Jauffret

44 / Kirsty Gunn

Transgression / Uzma Aslam Khan

La fugitive / Herbjorg Wassmo

Rhésus / Héléna Marienské (en cours)

Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux / Kate Atkinson

N.B. : on brasse beaucoup de vent - les lectures profondes et touchantes se font très rares ; est-ce le lecteur qui faiblit dans ses choix ? ...

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lundi 19 mars 2007

Ionesco écrit des romans à Montevideo

liscanoCarlos Liscano est uruguayen. Il a été condamné par le régime militaire de son pays à treize ans d'enfermement dans un pénitencier pour prisonniers politiques. C'est pendant ces années de prison qu'il a commencé à écrire. Il parle de ces années dans le document L'impunité des bourreaux ou à travers sa fiction Le Fourgon des fous. Il est aussi devenu un admirateur passionné du Désert des Tartares. Souvenirs de la guerre récente est une fable largement inspirée du chef-d'oeuvre de Buzzati ; c'est une histoire de l'absurde dans laquelle un homme est enlevé chez lui par des militaires pour être emmené dans un camps d'entraînement. Là il est préparé pendant des années à une pseudo guerre qui n'arrivera jamais. On lui demande d'accomplir une série de tâches comme garder un rocher ou traduire de l'anglais un manuel sur les fusées. Le protagoniste se sert de la nature comme échappatoire et rêve d'un paradis terrestre où les arbres et les hommes ne feraient qu'un.
Ce conte est troublant ; la profusion de détails rend la situation encore plus incongrue, et l'absence de raisons évidentes, de guerre ou d'ennemis provoque chez le lecteur un certain malaise. Ce conte est dérangeant et c'est ce que j'ai préféré.

"As-tu réussi à échapper à la solitude, lui demandé-je.
A la solitude, non. Mais j'ai échappé au silence."


Souvenirs de la guerre récente, Carlos Liscano, Belfond, 2007.

L'impunité des bourreaux, Carlos Liscano, Bourin éditeur, 2007.
Le Fourgons des fous, Carlos Liscano, Belfond, 2006.
Le Rapporteur et autres récits, Carlos Liscano, 10/18, 2005.
La Route d'Ithaque, Carlos Liscano, 10/18, 2006.

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lundi 5 mars 2007

Souvenirs incarnés

mon_frere_et_son_frereSur la cheminée, la photo d'un jeune homme agé d'à peine 15 ans. Jonas a trois ans ; il fixe cette image longuement mais ne comprend pas qui peut bien être cette ombre sur le manteau de la cheminée.
Dans la plinthe de la chambre, le journal d'un adolescent. Jonas a 13 ans ; il vient de retrouver le journal de son frère Paul, mort quelques 500 jours avant sa propre venue au monde. Au début, ce frère n'est qu'un concept : il devient un manque, une curiosité, puis une quête. La quête incessante d'un alter ego, d'un être d'exception, ou d'un deuil inachevé...
Faire ce chemin inversé en compagnie de Jonas, c'est faire un pacte fragile ; c'est accepter de remonter le temps, de faire face à ce qui est perdu, à ce qui est enfoui. Achever ce livre, c'est faire la nique au temps et à son travail de sape : c'est incarner de beaux souvenirs, des souvenirs que l'on fait siens.

"- Non, l'éternité n'est pas une entité. Et ce n'est pas une divinité non plus. Peut-être est-ce une force. L'éternité est faite de nos pensées et de nos désirs.
- Mais pourquoi l'éternité était-elle amoureuse de toi ?
- L'éternité est amoureuse de tout ce qui est prisonnier du temps. De toi aussi Jonas. L'éternité te voit. Voit tes yeux. Mais tes yeux sont prisonniers du temps. L'éternité n'a pas la perception du temps, l'éternite se meut au-delà du temps et ne peut donc pas voir à travers tes yeux. C'est pourquoi l'éternité est à tout jamais amoureuse de toi et de tous ceux qui éprouvent le temps."


Mon frère et son frère, Hakan Lindquist, 10/18, 2006.

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lundi 26 février 2007

Books about books

livres_sur_ecritureL'écriture et la publication sont des sujets au coeur des dernières parutions en librairie. La création d'un roman peut relever d'un parcours du combattant, d'une vocation profonde ou d'un destin tragico humoristique. Laurence Cosse s'interroge sur le devenir et la gloire éphémère des écrivains dans son recueil de nouvelles ; Philippe Ségur nous fait partager les drôles aventures de Phil qui a abandonné une carrière de super héros pour pouvoir écrire et donc mentir à l'infini ; Jean-Marie Catonné brosse avec son Double Je une satire hilarante du milieu éditorial et de notre societé "people" et "actu"... Quant à Perrine, le personnage principal de Véronique Beucler, elle attrape La Berlue lorqu'elle découvre un jour ses textes en librairie publiés sous un autre nom que le sien, alors qu'elle-même n'a encore jamais réussi à se faire éditer : entre défis ubuesques et paranoïa , voici donc Perrine au coude à coude littéraire avec ce Pierre Mérand qui lui aurait sinon volé, du moins copié ses mots et son imaginaire. En lisant ces opus sur la genèse des romans, on rit beaucoup, mais on s'inquiète un peu aussi : ces fictions ne sont que les miroirs quelque peu déformés d'une réalité éditoriale de plus en plus uniforme.


Vous n'écrivez plus ?, Laurence Cosse, Gallimard, 2006
Ecrivain (en 10 leçons), Philippe Ségur, Buchet Chastel, 2007
Double Je, Jean-Marie Catonné, Editions Héloise d'Ormesson, 2007
La Berlue, Véronique Beucler, Albin Michel, 2007

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lundi 19 février 2007

La Liste A Lire dans les prochains jours - ou mois...

quoi_lire_encoreLes intentions de lecture sont parfois aussi importantes que les lectures réelles. La L.A.L. ou Liste A Lire représente ce qui nous intrigue, ce vers quoi on tend, les livres qui nous titillent ou qui nous appellent. Alors pourquoi ne pas la publier aussi ? La LAL constitue une piste comme une autre. Quelles pages tourner encore ? Au jour d'aujourd'hui, c'est ce qui me fait envie (lectures en cours non inclus) :

  • Le marin de Dublin / Hugo Hamilton

  • Près du corps / Arnaud Guillon

  • Une très vieille petite fille / Michel Arrivé

  • Le pain nu / Mohamed Choukri

  • L'intérieur de la nuit / Léonora Miano

  • Mon frère et son frère / Hakan Lindquist

Bien sûr, cette LAL n'est pas gravée dans le marbre. Elle évolue et se transforme au gré des humeurs, et des lectures. Pages à suivre...

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dimanche 18 février 2007

Beat Generation

Beat_Generation

Une cinquantaine d'années plus tard, ils sont de retour ; ils se retrouvent en librairie pour se raconter le bon vieux temps, le temps des ruptures et des révoltes, le temps de la création et de l'anti-rigidité. Ils sont encore vivants, quelque part, et c'est surtout grâce à Christian Bourgois et à sa maison d'édition. Les hommes de la Beat Generation nous restituent leurs proses libres et leurs écritures automatiques. Ils voulaient vivre pleinement et spontanément. Ils étaient fous de jazz et de littérature, ce fameux "beat" tempo de jazz, tempo de leur vie immédiate. La dernière publication pour s'y replonger : les lettres de William Burroughs, où l'on sent que l'auteur vit véritablement son art, et où l'on peut tater le pouls de la politique, de la critique littéraire et des moeurs de l'époque. Dépaysement garanti. A lire sur un petit air de Glenn Miller ou de Lou Reed...


Lettres, William Burroughs, Christian Bourgois, 2007.

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Nat King Cole et l'Hysteria Siberiana

226403629X_08__AA240_SCLZZZZZZZ_Haruki Murakami est un écrivain d'origine japonaise. Il a fait des études de théâtre et de cinéma, ouvert un club de jazz et s'est adonné à la traduction avant de se consacrer à l'écriture. Dès ses débuts, il veut échapper au conformisme de la société japonaise et son esprit est tourné vers l'Amérique. Son premier succès au Japon fut le roman Ecoute le chant du vent (Prix Gunzo).
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil : un roman d'amour a priori banal, quand on résume l'intrigue. Deux jeunes gens s'aiment, ils ont douze ans. Ils se perdent de vue. Ils se retrouvent après des années et cela bouleverse leurs vies respectives. Rien d'extraordinaire. Et pourtant... Murakami possède l'art de révèler sans dévoiler, de détailler sans énumérer, de faire sentir sans arrière-pensée. D'un écriture délicate et sensible, il remue l'âme de ses personnages jusqu'à la nudité, tout en conservant le mystère de l'humain. L'aventure d'Hajime et de Shimamoto-san, c'est un séjour troublant dans le monde du possible, celui qui pourrait exister mais ne se réalise jamais.


Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 10/18, 2002.


A lire également :

Le passage de la nuit, Haruki Murakami, Belfond, 2006
La ballade de l'impossible, Haruki Murakami, réed. Belfond, 2006.
Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, Belfond, 2005.
Les amants du Spoutnik, Haruki Murakami, 10/18, 2004.

Posté par rosaura à 15:39 - Livres en scène - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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